• mariemiles

Oceanview, San Francisco

Updated: Jun 29, 2019


Il n’y a rien à dire sur ce paysage, ces jours, ces gens, cette ville. Les rues désertes d’Oceanview sont balayées par le vent froid du Pacifique, et son odeur de poisson n’évoque rien. Elle ne donne pas cette impression de liberté, de grands espaces et de départs que le parfum de la mer parfois évoque.

Le brouillard, masse opaque semblant engloutir le paysage, manque de substance, de forme, de couleur quand on se tient en son coeur. S'il rend la ville vague et imprécise, c'est qu'il l'est lui aussi; il n'a pas cette profondeur et cette densité qu'on lui croirait. C’est plutôt l’isolement, le lointain, l’inachevé qui forment cet ici, qui peinent à donner à voir.

Des centaines de voitures closes vont et vont sans que jamais personne n’en sorte, et personne ne va vers la mer, personne ne sent cette odeur d’algue et de sel; elle ne sert à rien. Je me tiens là debout, petite, à l’intersection de deux autoroutes, à attendre le passage pour la seule piétonne que je suis. On me croirait perdue et je le suis, car je n’ai rien à dire. Rien à dire à propos de ces jours, à propos de ces gens, à propos de cette ville. Ils passent, je passe.


Recent Posts

See All

Before the fall

From her small, lonely window, she sees the man, young, on his bike, riding freely in the big city, not holding on to the handlebar, and she remembers what it is to be free. She talks to him, the youn

Baudelaire

« Il n'existe que trois êtres respectables : Le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. Les autres hommes sont taillables et corvéables, faits pour l'écurie, c'est-à-dire pour exercer ce

©2019 Marie Deschênes

Semi-retired dancer now living in New York

French poet and snob, with vaguely misanthropic moods yet, to her great despair, an undying hope

in what tomorrow may bring.